Que de choses à raconter, que d'émotions et de moments difficiles...
Je suis arrivée mercredi après-midi en France après 6 heures de vol Minneapolis- Reykjavik et 3 heures de vol Reykjavik-Paris. La surprise quand même aura été le dîner: 9 euros pour un plateau repas d'avion c'est cher! J'ai été prise par surprise, pas le choix, il a fallu raquer.
Arrivée chez mes parents, j'ai pris une bonne douche et suis allée boire un coup avec les copines histoire de décompresser un peu. Cela faisait 35 heures que j'étais debout mais je ne ressentais aucune fatigue.
Le soir, repas en avec les premiers membres de la famille arrivés.
Jeudi et vendredi auront été les jours le plus durs. Jeudi après-midi, c'était la cérémonie religieuse. Là, ça a été très dur pour moi en voyant le cercueil arriver. C'était irréel. Je ne pouvais pas regarder. Je garde d'elle l'imagine du jour où je suis partie pour les USA. Me dire qu'elle était sans vie dans ce cercueil c'était très dur.
Le vendredi matin, c'était la crémation. Une petite cérémonie a eu lieu avant de voir le cercueil disparaître sous terre. L'après-midi, c'était la mise en terre. Le cimetière où elle est enterrée offre des petites tombes pour y mettre des urnes funéraires. On a donc pu déposer le panier de roses qui était sur le cercueil sur sa tombe et puis plus tard, mon père et moi y avons déposé un olivier miniature.
Pour clôturer ce chapitre, je tenais à remercier toutes les personnes qui ont fait un don pour l'association Arcoval dont le but est d'aider les malades en soins palliatifs et leur famille. Nous avons récolté plus de 1.000 euros de dons.
Pour ce qui est des choses un peu plus légères, parlons du choc culturel de revenir au pays après 16 mois d'absence. Ca a commencé à Reykjavik à vrai dire. Qui j'entends dans l'avion? Les gros bofs français qui se plaignent de tout et avec vulgarité s'il vous plaît. J'ai trouvé les gens en France stressés, vulgaires et violents. En témoigne mon epxpérience au service client de Carrefour ou un gars a failli en venir aux mains après avoir insulté la pauvre personne de l'accueil. Raison du litige? Une tente achetée il y a un an qu'il a finalement décidé de monter. Problème: il ne comprends rien à la notice de montage. Il a donc voulu se la faire rembourser, sans ticket de caisse et 1 ans après!
Quel stress aussi de faire les courses à Carrefour. Entre le bruit, la foule les gens pas aimables j'avais qu'une envie c'était de partir en courant. Quand je fais mes courses à Cub Foods ou Target, vu que c'est ouvert 7j/7j et qu'il y a au moins 6 grands magasins d'alimention pour une ville de 45.000 habitants, autant vous dire que faire ses course, c'est pépère et sans stress! Et comme tout le monde est détendu, les autres clients du magasin sont souriants, avenants et s'excusent 1.000 fois s'ils s'approchent trop près de votre espace personnel.
Autre chose qui m'a surprise c'est la taille de l'électroménager et autres objets. J'avais l'impression d'être chez les lilliputiens! Quand j'ai ouvert le réfrigérateur, ça a été le choc. Faut dire qu'ici, il faut pouvoir caser le bidon de 4L de lait, 4L de jus d'orange, le boîte de 24 canettes de soda et tout le reste. Pour comparer, en enlevant les étagères de mon frigo US, je rentre dedans sans problème!
Et puis là, la photo parle d'elle-même:
Mis à part tout ça, beaucoup de personnes m'ont dit que je n'avais pas changée. Je pense que ça veut dire que je ne suis pas devenue obèse après 16 mois au pays du fast-food. Mes cheveux ont foncé aussi. Là, je sais pas d'où ça peut venir. De l'eau? De la nourriture? Du froid glacial? Mystère.Demain, je raconterai ce que j'ai oublié de dire ici ainsi que mon interminable voyage du retour avec une visite surprise pendant le voyage et une mauvaise surprise à l'arrivée.
En tout cas, je suis très fatiguée. Si je peux dormir 6 heures ces dernières semaines, c'est le rêve.
3 commentaires:
Je ne me cantonnerai qu'a la partie legere du post: desole, mais le premier retour des "jeunes" expats me fera toujours rire a en chialer...
J'attends ton prochain post avec impatience.
Welcome back, miss.
Oui, welcome back Severine...
Ca fait longtemps longtemps que je suis ici. D'accord avec le Piou pour dire que le premier retour, surtout a cet age, c'est le choc culturel a l'inverse, on y repense tendrement. Et avec le temps, et les voyages successifs, on apprend a changer de vitesse tout de suite, du moins on est prepare mentalement. J'ai fait moi-meme, a 25 ans, ce premier retour pour les funerailles de mon pere. Y'a tellement a dire sur le sujet, y'a un livre a ecrire! Mais c'est sur qu'avec l'age, la perspective et le vecu (aux US et en France de temps en temps), l'experience du choc culturel change aussi en meme temps, elle evolue. Apres une douzaine de voyages et plus, on a un autre regard sur la situation. On prend un peu du poil de la bete, on devient philosophe, on sait qu'il faut tout peser. Les francais se debrouillent tres bien en France avec leur mode de vie et ses avantages et inconvenients, et, il faut l'admettre, les americains ici vivent tres bien avec leurs vies 'en grand', avec les exces engendres par ce mode de vie justement. Pour chaque petite note heureuse d'un cote et malheureuse de l'autre, y'a l'equivalent dans l'autre pays... Le capitalisme des USA est au centre de ce mode de vie, ou tout se base sur la consommation. En France, les semaines de vacances, le temps libre sont des moments prises, c'est une question de qualite de vie, de ce qui est important, et de la definition du mot 'succes' qui differe enormement entre les deux pays... Je vis aux USA, mais en pensee, j'ai toujours un pied en France, c'est un sentiment tres profond que je ne pourrais jamais attribuer aux US. Avec le modele maintenant bien ebranle du capitalisme ici, je crois que les americains auraient quelque chose a apprendre des francais. Oui, les francais ont besoin d'etre plus tolerant les uns vers les autres. (Je crois qu'on n'a pas encore assez de recul apres les guerres mondiales en France pour croire a une securite et une abondance de vie sans devoir se battre, figurativement parlant). D'un autre cote, le cote 'sympa' des gens aux USA est la plupart du temps juste une facade de cette societe de consommation, rarement sincere. Cela devient tres vite agacant. J'ai 3 enfants tous nes ici, et 3 petits enfants, je suis passee par tous les stades ici et suis rentree en France regulierement entre temps. Ma conclusion c'est que les francais sont beaucoup plus proches de ce qui est important dans la vie, c'est une question de valeurs societales. Cela ne veut pas dire qu'il n'y en a pas ici, mais plutot que les americains voient les choses autrement. Il est certain que la vie d'expat nous force dans une dichotomie impossible a resoudre parce qu'on garde ce choix justement. On devient un peuple qui vit dans l'espace qui existe entre deux pays, on a cette particularite de ne plus avoir un seul pays, difficile a gerer... Un grand sujet a explorer!
Je suis d'accord av. Monique sur le sujet de l'immigration, c'est un constant "you win some, you lose some". Plus tu immigres à différents endroits et plus tes expériences vont faire tirailler en toi tes sentiments d'appartenance, ton confort et tes désirs.
Concernant le mode de vie France/USA, mon cœur a tendance a dire "oui, oui" à ce que dit Monique sur la profondeur des gens, mais je ne crois pas que ce soit si simple. Le vécu des choses p. ex., je crois que l'impression vient du fait que les Français/Européens sont plus torturés, plus sombres. Et que ça leur plaît: la vie a plus de sens si elle a une part d'ombre. Tandis que les Américains, me semble-t-il, sont plus pragmatiques : faisons en sorte que ça marche tout ensemble, quitte à perdre en finesse.
Sur le côté "sympa" des Etats-Uniens, voilà ma théorie à 2 cents:
L'amabilité fait partie de la politesse. Histoire (again) de faciliter les choses, les contacts.
Etre aimable, c'est une base de communication. Chez nous, être aimable et sympa, c'est une histoire de copains/copinage: je suis sympa parce que je t'aime bien.
Personnellement, je ne le ressens pas forcément comme superficiel, les gens vont sincèrement essayer de venir vers toi et offrir de l'aide. Mais c'est une base, ça ne veut pas dire que le gars veut être ton pote. Par contre, ça veut dire une société où l'entraide est réelle.
Puis, pour conclure, l'aspect religieux, chrétien, très présent dans la vie des Américains, forme certainement la valeur de leurs relations: essayer d'appliquer leurs préceptes chrétiens dans leur vie de tous les jours.
Euh, chez nous?? Nous sommes devenus des mécréants (sans jugement de valeur de ma part, je suis une bonne vraie mécréante moi-même) et chercher à être un "enfant de chœur" nous fait sourire. Par contre, qu'est-ce qu'on aime être torturé. La vie est bien plus intense, elle semble plus "vraie"!
C'était mon grain de sel. Mais comme le dit Monique, que de débats on pourrait avoir là-dessus! Ça reste une fascination pour moi et je reste tiraillée éternellement.
Il reste le sujet du consumérisme. C'est vrai que c'est totalement impressionnant à observer. Et de pouvoir le vivre. Merde, j'habite une maison "de classe moyenne" ici, quasi au bord du lac Supérieur ici, mais c'est totalement inimaginable d'habiter dans de telles conditions en France ou en Suisse.
Mon grand sujet de contention à moi, c'est la bouffe. Ça reste pour moi un étonnement constant, une incompréhension culturelle. Heureusement, Les Etats-Unis découvre le sens de terroir et la bouffe qui va avec.
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